Le sud du Laos : Paksé et les 4000 îles

 

Après ces longues heures dans le bus de nuit nous arrivons enfin à 6h du matin sous la chaleur plombante de Paksé. On est vite assaillis par les conducteurs du tuk tuk et on se rend dans la guesthouse que j’avais repéré sur internet avant de venir. La Nang Noi guesthouse qui a de bons commentaires et un prix raisonnable. Pas de chance, ils n’ont plus de places. C’est la première fois que ça nous arrive mais ici apparemment réservation obligatoire si on veut être sûr d’avoir une chambre ! On se met donc en marche sous le soleil afin de faire le tour des guesthouses et en trouver une sympa et pas trop chère…à Paksé c’est pas gagné. Soit on est hors budget, soit c’est sale ! On en trouve tout de même une sympa bien qu’un peu chère : la Sabaidee 2 guesthouse. Le propriétaire parle très bien français et est aux petits soins pour ses clients.

On décide ensuite de faire un tour dans la ville. Notre première impression n’est pas excellente, on ne restera pas longtemps ici. A l’intérieur de la ville à proprement parler il n’y a pas grand-chose à faire, toute la ville est en chantier. Les sols sont fait de terre rouge qui vole à chaque passage de moto ou de voiture, des camions passent cependant régulièrement pour asperger la terre afin qu’elle vole moins mais au final ça la transforme en boue qui rend les rues glissantes. Les tongues dérapent, autant vous dire que j’ai failli me casser la figure plus d’une fois ! On sent également qu’on a quitté les montagnes du nord du Laos. La température a monté de plusieurs degrés et elle devient difficile à supporter à certains moments de la journée. La chaleur ajoutée à la poussière qui vole sans cesse donne cette désagréable impression d’être tout le temps sale et collant…je ne vous explique même pas la couleur de l’eau quand on prend la douche !

On se renseigne un peu sur les activités à faire et la principale attraction dans le coin est de faire le tour du plateau des Bolovens. C’est l’une des principales régions agricoles du Laos. On y trouve des plantations d’hévéas, tecks, théiers, caféiers, bananiers…On a soit la possibilité de faire ce tour en une journée par le biais de tours organisés, ce dont nous n’avons pas du tout envie. C’est assez cher et si c’est pour se retrouver à 50 sur chaque site ça ne nous intéresse pas trop. On peut également louer une moto et faire la boucle en deux jours mais comme je ne conduis pas on aurait été à deux sur une moto avec nos gros sacs : impossible ! Ne connaissant également pas l’état des routes on a laissé tomber.

De plus, nous voyageons depuis maintenant 5 mois et on commence à bien ressentir la fatigue. Des amis qui on voyagé pendant un an nous avaient donné comme conseils de penser à nous reposer et à prendre du temps pour nous durant le voyage. A cette époque je ne comprenais pas vraiment ce qu’ils voulaient dire. C’était évident qu’on prendrait du temps pour nous vu qu’on voyagerait, puis se reposer on le ferait à longueur de temps puisqu’on serait en voyage !! Eh bien non ! Grande nouvelle : voyager c’est fatiguant mine de rien ! Tous les 2/3 jours bouger, faire son sac, se renseigner sur les logements, les itinéraires, les heures de bus, sans cesse appréhender de nouveaux lieux et s’y repérer, ne jamais se sentir posé comme chez soi et vouloir toujours profiter au maximum des lieux où on se trouve donc vouloir toujours faire et visiter le plus de choses possibles. A la longue on sent que la tête et le corps fatiguent.

On décide donc de passer deux jours à Paksé et ensuite d’aller se reposer pendant 1 semaine dans la région des 4000 îles.

Le second jour à Paksé on décide de louer des vélos. On retourne donc à la Nang Noi guesthouse louer des vélos (moins cher que les loueurs dans la rue) et réserver notre bus pour le lendemain.

On fait un tour de la ville et des temples que nous trouvons très tristes comparé à ceux de Thaïlande. Ils sont pour la plupart laissés à l’abandon, certaines parties sont condamnées, on ne peut pas trop y entrer pour les visiter. Ils sont visiblement beaucoup plus pauvres qu’en Thaïlande. Le Wat Phonsavanh est le dernier temple de la matinée que nous visitons et ça restera le meilleur souvenir que nous garderons de Paksé. A peine arrivés dans l’enceinte du temple, des moines nous accueillent et nous proposent de nous asseoir avec eux. Ils sont plusieurs jeunes à bien parler anglais. Eux aiment pouvoir parler avec les touristes afin d’améliorer leur anglais et nous trouvons ça très sympa de pouvoir discuter avec eux afin d’en savoir plus sur le pays et surtout sur leur mode de vie. Nous expliquons donc d’où nous venons, les pays qu’on a visité, les parties du Laos que nous avons aimé… ils nous posent beaucoup de questions sur la vie en France, si nous sommes mariés…ça leur semble très curieux de pouvoir vivre ensemble, d’avoir son propre appartement, faire des enfants…alors qu’on n’est pas mariés. Ils sont également très surpris d’apprendre que nous avons des fermes en France et que nous cultivons et avons des élevages et des campagnes. Pour eux, la France était uniquement faite de grosses villes. Trop drôle ! Ils étaient captivés par notre guide du routard qu’ils ont tourné et retourné dans tous les sens. On leur a également montré les photos que nous avions prises au Nord du Laos. Certains qui avaient déjà un peu voyagé reconnaissaient des paysages mais la plupart d’entre eux découvraient leur pays au travers des images qu’on leur montrait.

Ils nous ont également parlé de leur vie de bonze. D’après ce qu’ils nous expliquaient la plupart des moines viennent de familles pauvres. A partir de l’age de 6ans ils peuvent intégrer la vie monastique s’ils le souhaitent (choix souvent pris par les familles). Dès lors, ils rejoignent le temple le plus proche de chez eux et sont pris en charge par les ainés. Ils peuvent bénéficier d’un accès à l’éducation qu’ils n’auraient pas eu en restant à la campagne au sein de leur famille. Leurs principes sont : Prier et chanter, faire le ménage dans le temple, apprendre la vie de bouddha et étudier, se raser les cheveux, se couper les ongles courts, aider les personnes en leur expliquant les principes de la religion et comment les appliquer à leurs problèmes et méditer. Je ne suis plus certaine qu’il n’y ait que ça mais d’après ce dont on se souvient ce sont les principales règles à suivre…

Ces enfants passent donc leur enfance au temple et vivent du peu d’argent que la famille envoie et des dons des fidèles. Tous les matins ils parcourent les rues avec une gamelle en étain et font l’aumône. Les gens leur préparent donc de la nourriture et la leur donne afin qu’ils aient chacun deux repas par jour.

A l’adolescence ils ont normalement atteint un niveau d’études qui leur permet de travailler en tant que professeur ou autre en fonction des disciplines qu’ils auront choisi lors de leur scolarité. Ils ont alors le choix de quitter le temple et la vie monastique ou de passer de « novice » au statut de « bonze » et passer leur vie en tant que moine. Grandir au temple demande beaucoup de sacrifices comme devoir partir de son village, ne revoir sa famille que très peu souvent mais ça offre aussi la possibilité à des enfants de famille modeste de faire des études et avoir un avenir différent.

Durant ces trois heures avec eux ils nous ont offert à boire et à manger, nous ont parlé de leur mode de vie, de la vie au Cambodge. On a bien rigolé mais on a aussi beaucoup appris durant cet échange qui fut à la fois convivial, sympathique et enrichissant. On est rentré avec le sourire en se disant qu’on avait rien fait d’extraordinaire dans cette ville mais que ce moment avec les bonzes avait largement compensé le peu d’activités qu’on avait fait depuis notre arrivée.

Nous partons donc le lendemain pour les 4000 îles mais plus exactement Don Khong. Les touristes se rendent généralement sur trois d’entre elles qui ont été aménagées pour y accueillir des visiteurs.

La plus grosse mais la moins visitée et donc plus préservée: Don Khong

Celle du milieu, plus petite mais pleine de jeunes venus faire la fête et boire et manger des « happy » tout ce qu’on veut. Happy shake, happy pizza, happy café… (happy signifie à base d’herbe qui rend heureux) : Don Det

Et la dernière qui est un bon compromis entre les deux précédentes et qui permet de faire quelques visites de sites aux alentours : Don Khone

C’est sur la première et la plus tranquille des îles que nous avons choisi de passer quelques jours au calme à se reposer. Après quelques heures de bus, on petit bateau nous emmène sur l’île où il n’y a quasi rien !

Notre jet privé

Notre yacht privé

Le bonheur ! 3 resto, 5 guesthouses (dont 2 de luxe), des enfants adorables, des buffles, des vaches, des poules, des pêcheurs, des chemins de terre et des paysages magiques !

IMG_0276 IMG_0278 IMG_0305On passe donc les deux premiers jours à ne rien faire. On dort, on se balade, on discute avec d’autres voyageurs autour d’un verre…on prend notre temps mais on a quand même du mal a rester sur cette grande île sans aller la visiter. Le troisième jour on loue donc une moto (on demande un casque mais le loueur n’en donne pas…il nous dit qu’ici on en aura pas besoin, il n’y a pas de flics. On essaye donc de lui expliquer que pour notre propre sécurité on aimerait quand même en avoir mais il n’a pas l’air de comprendre pourquoi on insiste alors pour une fois on laisse tomber on fera sans et on sera prudents.

Pour le coup, vu le peu de circulation sur l’île c’est certain qu’on ne risque vraiment pas grand-chose. Notre première découverte de la journée sera celle de la pompe à essence locale (mais qu’on retrouvera plus tard dans pas mal de lieux). Autant vous dire qu’on l’a cherché longtemps cette fameuse station service dont le loueur nous avait parlé avant de réaliser qu’on était passé plusieurs fois devant sans s’en rendre compte !

La fameuse pompe à essence

La fameuse pompe à essence

Le reste de la journée a été fantastique. Seulement deux routes sur l’île : une qui en fait le tour et une seconde qui la traverse. On teste donc les deux et on s’amuse. Les paysages sont superbes, on se sent seuls au milieu de la campagne asiatique. On ne croise que des villageois et des dizaines d’enfants qui sont toujours trop contents de nous voir. Ils courent après la moto, nous font des grands coucou et les « sabaidee » (bonjour) fusent à longueur de temps. Du coup nous on a la banane et on se sent vraiment bien sur cette île. Les enfants viennent nous voir pour nous faire gouter des fruits, nous donner des fleurs.

IMG_0285D’ailleurs certaines ont déjà bien compris comment ça fonctionnait car après nous avoir donné des fleurs elles nous tendent la main et nous disent « pen, pen, pen… » …ben mince elles veulent des crayons ! David rigole quand je lui dis ça et me dis que j’ai du mal comprendre car ce qu’elles disent en réalité c’est « paye, paye, paye »… effectivement c’est pas tout à fait pareil…et tout de suite moins mignon ! Ils perdent pas le nord les gosses !

Bref si on veut tout de même de l’authenticité et du calme cette île est l’endroit parfait.

On décide ensuite d’aller passer les trois derniers jours sur l’île de Don Khone. On passe encore les deux premiers jours à ne rien faire. Juste se promener (mais pas trop loin quand même !) et regarder les couchers de soleil. Le troisième jour on se décide tout de même à faire une balade et aller à pieds sur l’île de Don Det (un grand pont les relie).

IMG_0375 IMG_0380 IMG_0388 IMG_0406Après une bonne marche sous le soleil qui tape on découvre la partie aménagée de l’île et on est super contents de ne pas avoir choisi celle-ci ! C’est une juxtaposition de bars et des bungalows le long d’un petit chemin de terre, par terre c’est dégoutant. Il y a des déchets non ramassés partout. On se sent oppressés ici. La route est toute petite est l’ambiance est malsaine. Ca boit, ça fait la fête, ça se balade en tenue légère, ça se défonce…Don Det le nouveau Vang Vieng ? On retourne sur notre île en fin d’après midi après notre balade en se disant qu’on ne regrette pas notre choix !

Le soir on retourne à notre resto préféré prendre notre dernier repas au Laos (ouf ! Car la nourriture au Laos c’était vraiment pas ça ! Dav ça ne lui posait pas de problème de manger du riz midi et soir mais moi je n’en pouvais plus !!! C’est vraiment au Laos que j’ai commencé à rêver de nourriture occidentale !). Demain on passera la frontière pour le Cambodge ! On appréhende le passage de frontière que tout le monde nous décrit comme très pénible mais on a super hâte de découvrir ce nouveau pays !

2 réflexions au sujet de « Le sud du Laos : Paksé et les 4000 îles »

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